Portrait d’un panéliste Brestois de 50 ans ayant totalement abandonné l’autosolisme

Dr Emgan Querellou

 

Mobiprox : Bonjour Emgan, décrivez-nous le trotteur que vous êtes.

Emgan Querellou : J’habite une commune limitrophe de Brest et me sers de ma trottinette pour mes déplacements domicile-travail. Etant médecin urgentiste, je me rends tous les jours à l’hôpital ou à la faculté situés à une distance de 4 km environ de chez moi. Soit un trajet trop long à pied, mais qui n’a aucun sens à être effectué en voiture à cause des bouchons : il me faudrait une demi-heure. Pendant une dizaine d’années, j’ai effectué ces déplacements à vélo, ce qui me prenait quinze minutes.

 

MB : Qu’est-ce qui vous a poussé à changer de mode de transport ?

EQ : Il y a trois ans, ma femme et moi nous sommes posés la question de remplacer nos deux voitures. Très vite s’est imposée l’idée de n’en racheter qu’une pour elle, tandis que j’opterais de mon côté pour un beau vélo à assistance électrique. Mais le modèle que je voulais acheter était vraiment trop cher. Alors j’ai regardé tout ce qui existait et me suis finalement rabattu sur une trottinette électrique, engin ayant pour arguments principaux le fait de pouvoir être monté dans mon bureau et que c’est moins casse-gueule qu’un gyroroue. J’ai porté mon choix sur une Zero 10X, un gros modèle qui a un peu défrayé la chronique à l’époque car il pouvait, avant l’instauration du bridage, rouler à plus de 60 km/h. Le résultat est au-delà de mes espérances : il ne me faut que 6 mn pour me rendre à mon travail grâce aux pistes cyclables sur l’ensemble du parcours. Phénoménal !

 

MB : L’Ouest breton jouit d’une météo plutôt pluvieuse, cela ne gâche pas le plaisir ?

EQ : Je suis bien équipé avec pantalon et veste étanches, ainsi que surchaussures comme à vélo. Et pour bien protéger ma trottinette, j’avais pris le temps de l’étanchéifier complètement en démontant toutes les pièces afin de les enduire de graisse marine. Voilà donc trois ans que je l’utilise sans souci, qu’il pleuve ou qu’il vente.

 

MB : Et nul doute que l’urgentiste que vous êtes n’a pas lésiné sur les équipements de sécurité ?

EQ : Ah ça ! Je roule en permanence avec une protection de VTT descente, avec ventrale, dorsale, coudes, gants et même un casque intégral. Des équipements qui m’ont parfaitement protégé la seule fois où j’ai chuté à cause d’un défaut de voierie : ils avaient construit un trottoir non signalé. J’ai juste eu le temps de lever la roue avant, mais l’arrière a tapé et le pneu a explosé.

 

MB : Au quotidien, vous parvenez à tout faire en trottinette ?

EQ : Non, je limite son usage à mes trajets domicile-hôpital-faculté, car mon emploi du temps c’est plutôt 8h-20h. Ma femme ne travaillant pas, c’est elle qui se charge de la logistique. Clairement, les courses s’effectuent par un véhicule thermique.

 

MB : Au final, vous êtes un trotteur comblé…

EQ : Honnêtement, je ne ferais plus machine arrière. Pourtant, au départ, je n’étais pas convaincu par la trottinette et son côté gadget. Maintenant que j’ai parcouru 4.500 km, je réalise que je ne dépense plus rien en transport, à part 10€ par mois d’assurance et à peine 100€ par an en électricité et en faux frais (pneus, freins…). Dans une agglomération comme Brest bien dotée en pistes cyclables, c’est 1.000 fois plus rentable qu’une bagnole et la trottinette est vraiment plus facile qu’un vélo car il n’y a pas d’effort à fournir.

 

MB : Vous conseilleriez à tous ce moyen de transport ?

EQ : Le seul point négatif, à mon goût, c’est la législation pas très adaptée : la trottinette reste cantonnée aux agglomérations, ce qui devient une hérésie pour les engins affichant jusqu’à 150 km d’autonomie. Sinon, clairement, dans un rayon de 20 km autour de son travail, la trottinette représente l’outil le plus performant. Alors je le dis aux gens : quand vous en aurez marre de dépenser des sommes pas possibles et de perdre votre temps dans les embouteillages, n’hésitez pas à switcher. Au début, ça surprend un peu, mais même dans des villes moyennes, c’est adapté. Sans compter l’aspect écolo, qui n’était pas ma motivation première.

 

Article rédigé par Pascal Pennec.